Depuis 23 ans nous avons la loi 101. Quoique très amputée par nos amis du Canada anglais qui nous aiment tant ( Vous vous souvenez, une fois ils nous l'ont dit à la veille du grand bouleversement qui s'annonçait, mais depuis pas un mot) certains articles, ceux qui touchent à la langue du travail notamment, sont restés presque intacts. Malgré cela nous n'avons qu'à regarder autour de nous pour voir que quiconque travaille dans le public se sent obligé de parler en anglais. Ça, ça fait un beau Québec bilingue dans un grand Canada unilingue anglais. Belle symétrie à l'anglaise qu'à tous les jours ici on essaye de nous faire avaler. A force de fermer les yeux et de se pincer le nez, ça finira peut-être par passer. La belle affaire! Mais en attendant, que pouvons-nous faire? Plusieurs parties de la loi 101 n'ont de force que si les citoyens les font respecter. Cela fait de vous, si vous acceptez cette responsabilité, le seul et le plus important gardien du très précieux bien que la loi vous donne. Si vous dormez au gaz ou êtes trop occupés à vos petits jeux, des loups-garous ou des petits lutins viendront vous voler votre bien et auront vite faits de filer à l'anglaise avec. Être vigilant c'est voir et entendre le danger mais c'est aussi agir pour le chasser. Parler en français c'est agir. Si notre minorité anglophone se comporte ici comme une majorité, c'est qu'elle se sent en majorité dans son Canada unilingue à son image. Donc, à chaque fois qu'un anglophone est devant vous et qu'il vous adresse la parole les deux pieds bien plantés au Québec et la tête au Canada, vous devez garder à l'esprit que c'est en fait, un "longue distance" du Canada qu'il vous fait. Chez-vous, la seule façon respectueuse pour lui de payer de tels frais de "longue distance" c'est en français. N'oubliez jamais, qu'un anglophone qui vous parle en anglais, c'est un anglophone qui n'a pas fait ses devoirs de français et qui, parce qu'il est chez-vous, ne fait pas non plus envers vous son devoir de respect. Quand ce sera à votre tour d'aller chez-lui dans son Canada, soyez respectueux et redonnez-lui son anglais même s'il a eu l'impolitesse de l'oublier chez-vous. Mais la plupart du temps, comme tout bon francophone, notre vieux muscle sous notre vieille mâchoire de colonisé se met à bouger tout seul comme par réflexe. Et l'anglophone, lui, sans même avoir la peine d'y penser, vient d'obtenir qu'un autre petit canadien-français de service lui donne son dû. Ils sont très nombreux à penser que vous avez une dette envers eux et que cette dette vous vous devez de la leur payer en anglais. Pour qu'enfin ils comprennent que vous n'avez pas de dette envers eux, demandez-leur des comptes en français en ajoutant à la facture l'article 4 et l'article 45 de la loi 101. Avec le temps, ils finiront par comprendre qui a des dettes envers qui. Donc, en attendant il faut réagir et il n'y a pas 56 moyens. Le seul moyen est le REFUS. Et refus ça veut dire quoi? Exactement cela. Refuser de se vendre en anglais. Quand vous vendez des titres de transport ou donnez des renseignements, il est écrit nulle part que vous devez donner votre langue avec. Votre langue c'est la partie que vous gardez pour vous-même, la partie non-détachable qui ne s'achète ni ne se vend. C'est difficile, car il s'en trouvera toujours pour vous débiter des arguments mensongers, mais qui ont l'air très logiques:
D'autres arguments aussi trompeurs jouent en faveur de maintenir la pratique suicidaire actuelle:
Dans les années 70, la victoire de notre nationalisme ajoutée à la venue de la loi 101, ont momentanément remis les pendules à l'heure. Maintenant, de nouveau ils recommencent à prendre du poil de la bête et, si nous ne faisons rien, ils vont finir par reculer les horloges aux belles heures de leur domination. De là l'urgence d'agir. Alors le noeud de l'affaire c'est ça! Refusez de parler en anglais aux anglophones et vous allez voir que plusieurs d'entre eux ne sont pas gentils du tout. Alors là, vous allez entendre des phrases comme ceci:
Mais comment se fait-il que nous nous soyons laissés "encarcaner" comme ça? C'est comme si nous semblions avoir perdu la capacité de reconnaître chez les descendants et héritiers de nos colonisateurs ce qui reste encore chez-eux d'une arrogance institutionnalisée par plus de 2 siècles de privilèges. Nulle part au monde trouverez-vous une minorité de 20% d'une population imposant, à la majorité du 80% qui reste, une égalité de statut pour sa langue. Et tant que nous continuerons à leur parler dans leur langue, en prenant bien soin de ravaler la nôtre, nous ne verrons jamais leurs vrais sentiments envers nous [ la face cachée de la lune :( ] car l'anglophone est très souvent gentil et correct [ la face visible de la lune :) ] en autant que nous lui parlions dans sa langue. Cette affiche en plusieurs langues dont vous avez pu prendre connaissance, est maintenant en circulation sur tout le réseau de la STM. Comme tous les grands films d'Hollywood elle prendra bientôt l'affiche dans votre loge ou dans votre autobus de quartier. Soyez alertes car quand elle vous parviendra vous pourrez alors commencer à visionner le film de votre vie en français. |
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