Quand mon directeur syndical discrimine ?
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La STM prétend que mon affiche (bouclier) les empêche de :"maintenir une image sociale accueillante et courtoise, sans discrimination". Je fais donc de la discrimination et en fait faire aussi à la loi 101 par l'entremise de mon affiche à chaque fois que je l'utlise. Donc, je discrimine, mon affiche discrimine, la loi 101 discrimine et ,ah oui ! j'oubliais, tu discrimines aussi, parce que toi aussi tu traînes une affiche dans ta valise et t'en sers quand tu en as besoin. Ah oui ! j'oubliais encore il y a aussi tous les autres changeurs qui ont chacun leur façon de l'utiliser et qui doivent discriminer aussi. Moi j'savais pas que je discriminais mais si le patron le dit c'est que ça doit être vrai, n'est-ce pas ? J'ai donc pensé qu'avec ton aide on pourrait organiser un pèlerinage de groupe à "Auschwitz" avec tous les changeurs qui ont péché en utisant l'affiche ou qui ont seulement pensé l'utiliser en la gardant dans leur valise ou qui ont pensé l'utliser sans en avoir une dans leur valise. Je pense que ce serait une bonne leçon pour nous tous de voir jusqu'où peut mener la discrimination si on ne fait pas attention. Avant de partir, étant donné que M. «Le surintendant» ne veut pas envoyer d'info-station (c'est ce qu'il m'a dit qu'il t'a dit) pour nous avertir, nous protéger et nous faire prendre conscience à tous de la menace, horrible et horrifiante, qui nous guette si on ne prend pas des mesures urgentes, peut-être que tu devrais lancer un info-changeur pour contenir cette épidémie qui risque vite de prendre des proportions pandémiques si on ne fait rien. Si, par contre, on part tout de suite pour "Auschwitz" tu pourras l'envoyer seulement qu'en revenant pour nous rappeler que nous devrons jamais plus laisser une telle horreur se produire. Nous ne parlons pas ici d'impolitesse, de propos grossiers et disgracieux ou d'une simple affiche avec une image d'un "finger" qui pointe vers le ciel et qui s'adresse à toute la clientèle, sans discrimination. Non ! nous parlons ici de beaucoup pire. Nous parlons d'une affiche qui reprend presque mot pour mot l'article 4 de la loi 101 et qui pointe son "finger" par en bas, tout droit vers l'enfer, et qui s'adresse qu'à une partie de la clientèle qui ne veut pas nous laisser travailler en français. Si elle disait, tout simplement, que tout le monde doit nous parler français, là, au moins, ce ne serait pas de la discrimination. C'que j'ai pas encore tout à fait réussi à comprendre c'est : comment une minorité anglaise de 20% du Québec ne sait même pas que "La P'tite Vie" est l'émission # 1 que les québécois aiment regarder et que le français est aussi la la langue que les québécois aiment parler, pis que dans le fond y sont même pas intéressé à le savoir. Demande-leur voir, si Yvon Deschamps c'est le frère Ti-Zoune ou le neveux de Félix Leclerc, pis tu m'diras ensuite la face qu'ils t'ont faite. Non, ce qui les intéresse c'est qu'on leur parle en anglais, pis pour le reste qu'on leur foute la paix, en autant que ça soit en anglais. J'trouve que ça resemble un peu à de la discrimination, mais asteure j'ai tellement peur de discriminer que j'ose pu leur dire, pis j'les laisse discriminer au cas où j'me tromperais pis que la STM a raison de dire que j'discrimine. J'en suis rendu que j'sais pu lequel est le pire : discriminer quand t'appartiens au 20% ou au 80 % de la population. Peut-être si mon affiche disait "please speak to me in french and I'll speak to you in English and you may win a free trip to Disneyland", y finiraient tellement par s'habituer que ça leur f'rait même pu mal aux mâchoires. Mais à force de toujours courir le risque de discriminer, on finit par même plus essayer nos bonnes idées pis on s'tasse. Quand t'es à Mc Gill, à Côte Ste Catherine, à Villa Maria et j'en passe, pis que t'as la clientèle sur le dos, pis la STM sur le dos de la clientèle pis que tout le monde pense avoir le droit de te farcir en anglais, pis que tu veux vivre vieux, t'as pas le choix : tu t'écrases. T'as même plus la force de sortir ton affiche de ta valise ou de la prendre sur le comptoir pour arrêter le troupeau anglophone qui te charge quand c'est tellement plus facile de le laisser te passer sur le dos. Pis si en plus tu sais que c'est de la discrimination, là t'es cuit pis tu commences par te laisser manger la laine su'l'dos pis ensuite tu te laisses manger le gigot. Pis si y'ont pas déjà tout mangé, tu les laisses, pour le dessert, te manger ton "p'tit cur après neuf heures" de francophone discriminatoire. Ensuite on vas-tu être surpris qui en a qui ont même pu l'cur de chialer. L'accusation est grave ! Ils disent, ni plus, ni moins que c'est de la discrimination que de prétendre vouloir parler français au travail. C'est une belle rumeur lancée par des minoritaires qui discriminent contre nous depuis deux siècles et demi bien sonnés et qui n'aiment pas du tout le petit quart d'heure de justice qui tente de remettre les pendules à l'heure. Depuis le temps qu'ils planent y trouvent l'atterrissage difficile. L'anglais, et ceux qui le parlent, ont développé l'habitude des hauteurs et aimeraient bien que nous continuions à faire du rase-mottes pour ne pas avoir à déranger leurs douillettes habitudes. La STM, avec sa philosophie d'entreprise béni-oui-oui toujours axée sur le client, cherche à nous empêcher de nous redresser l'échine. Qu'ils nous disent que nous n'avons pas le droit d'afficher, ça peut toujours faire une belle lutte devant un tribunal.. Mais là ils vont trop loin . Je te contacterai pour discuter de la chose et voir comment je peux, du même temps, empêcher mon directeur syndical de discriminer et de plier l'échine.
Robert Choquette
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