Ce site, bien qu'accessible à tous, sûrement ne plaira pas à tous.

Il se veut, par contre, la réponse la plus appropriée que nous ayons trouvée à ce que nous croyons être une menace qui plane sur notre langue et sur la capacité que nous aurons de continuer d'exister par celle-ci. Si, pour vous, tout ce qui compte c'est le pain et le beurre, la voiture de l'année, le joujou ou la «joke» de l'année pis le reste vous en êtes ben tanné... votre navigateur a fait un mauvais virage ou bien s'est accroché l'adresse dans une des mailles du Web. Si aussi, dans un test à l'aveugle entre votre langue et un Pepsi, c'est toujours le Pepsi qui l'emporte, ma meilleure suggestion c'est que vous mettiez votre Pepsi dans un moteur de recherche et que vous le brassiez avec votre petit poing com. ça.... Autrement, vous êtes les bienvenus.

En tant que changeurs et chauffeurs d'autobus à Montréal, nous avons constaté que notre droit de travailler en français, qui nous est garanti par rien de moins qu'une des lois fondamentales du Québec, est perçu par une bonne partie de notre clientèle anglophone comme quelque chose qui s'apparente curieusement à un crachoir; une autre partie de la même catégorie de la clientèle pense, plus gentiment, que c'est de notre part une coquetterie désuète et un peu chiante qui s'apparente peut-être au même désir que celui qui pousse quelqu'un à vouloir porter la ceinture fléchée. Et pour le reste, à part la minorité qui comprend, ils se pensent tous au Canada. Si vous pensez que nous sommes tombés sur la tête, faites-en vous-mêmes l'expérience en ne parlant et en ne comprenant que le français pendant quelques heures ou, encore mieux, pendant quelques jours pour être sûr qu'on parlera tous de la même chose quand on se mettra à se parler.

En 1995, la STM s'est fait demander par un de ses employés, d'aviser sa clientèle de son droit de ne parler que le français pour qu'enfin il arrête de se poigner avec tous les anglophones qui lui contestaient son droit. Après 8 mois de délais, de surdélais et d'avocasseries de toutes sortes, la sentence du sage Salomon, enfin, se fit entendre :

  • " À la lumière de l'étude de la Charte de la langue française, nous retenons que la STM n'a aucune obligation d'informer la clientèle du droit de ses employés de travailler en français ".

  • " ... la clientèle est la raison d'être de la STM. Cette responsabilité doit être assumée par chaque employé et plus particulièrement par le chauffeur et le changeur qui se trouvent sur la première ligne du service à la clientèle. Pour la personne dont le travail est de côtoyer le public tous les jours, une attitude de compréhension (d'une autre langue que le français peut-être?) doit devenir une seconde nature ce indépendamment de la langue utilisée ou l'origine ethnique de la personne à qui on s'adresse ".

Faut dire que c'est une façon, assez belle quand même, de dire : ton droit, mets-le donc dans ta poche arrière et assieds-toi dessus. C'est alors que 5 ans plus tard arrive une idée géniale : "Si la STM ne veut pas le faire, pourquoi est-ce qu'on le ferait pas soi-même?". Aussitôt dit, aussitôt fait, même si la STM cherche à opposer, à notre droit inaliénable inscrit dans la Charte, son petit droit de commerçant qui cherche à plaire à tout prix. Nous avons donc produit une affiche, à la place de la STM, qui ne dit que ce que la loi nous garantit et rien de plus, dans l'espoir que la STM emboîtera le pas maintenant que nous lui avons montré le chemin. Nous sommes convaincus que si une telle affiche se trouvait, un jour, à chacun de nos postes de travail, peu à peu, sur la feuille d'érable grimaçant sous le choc initial, fleurirait le lys éclatant du français. Comment pourrait-on nous reprocher de vouloir partager avec les autres ce que nous-mêmes aimons tant et que nous portons si près de notre cœur. N'est-ce pas ainsi que les choses doivent se passer dans un Québec français?


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